11/08/2026
🛬 AIR CONGO : JE VOYAGE RÉGULIÈREMENT AVEC CETTE COMPAGNIE. ET IL EST TEMPS DE PARLER DU VRAI DÉFI.
Depuis que la situation sanitaire liée à Ebola a perturbé plusieurs de mes déplacements et certaines liaisons internationales, j’ai été amené à utiliser Air Congo beaucoup plus régulièrement pour mes déplacements à l’intérieur du pays.
Kisangani. Kinshasa. Muanda. Kolwezi. D’autres liaisons nationales.
Je ne parle donc pas d’Air Congo après un seul vol.
Je commence à observer la compagnie dans la durée : son confort, son organisation, son service à bord, son personnel et surtout ce que ce projet représente pour l’emploi et les compétences congolaises.
Et je vais être équilibré.
1. SUR LE MATÉRIEL : IL FAUT LE RECONNAÎTRE, C’EST TRÈS BON.
Les avions que j’ai empruntés jusque-là offrent un niveau de confort réellement appréciable.
Cabine propre.
Sièges confortables.
Présentation professionnelle.
Sensation de voyager dans des standards proches de ceux de grandes compagnies internationales.
Sur ce point, je félicite les efforts réalisés.
Même si une partie de cette capacité opérationnelle repose encore sur l’expertise, les appareils ou les mécanismes du partenaire Ethiopian Airlines, le passager congolais bénéficie au moins d’un produit aérien qui commence à respirer le sérieux.
Mais c’est précisément ici que commence ma réflexion.
2. AIR CONGO EST NOTRE COMPAGNIE. MAIS L’EXPÉRIENCE RESTE ENCORE TRÈS DÉPENDANTE DE L’ÉTRANGER.
Regardez simplement mon billet.
Prix total : 230,80 USD.
La compagnie qui opère le vol est Air Congo.
Mais sur le document, on retrouve encore fortement l’écosystème Ethiopian Airlines.
Et à bord, lors de plusieurs de mes déplacements récents, j’ai également constaté une forte présence de personnel étranger, notamment dans le personnel navigant.
Je n’ai aucun problème avec cela.
Le problème serait que cela devienne une situation permanente.
Parce qu’un partenariat stratégique n’a pas seulement pour objectif de nous prêter des avions.
Il doit nous transférer des compétences.
3. PREMIÈRE FAILLE : LA LANGUE DU PASSAGER.
Sur certains vols intérieurs que j’ai empruntés, notamment récemment entre Kisangani et Kinshasa, j’ai vu des passagers congolais éprouver de vraies difficultés à communiquer avec certains membres du personnel de cabine.
Beaucoup d’anglais.
Très peu de français dans certaines interactions.
Et pourtant nous sommes sur une liaison :
Kisangani → Kinshasa.
Deux villes congolaises.
Des passagers majoritairement congolais.
Le français ne devrait donc pas devenir une compétence facultative du personnel affecté à une ligne domestique congolaise.
C’est une question de service client, mais aussi de sécurité opérationnelle.
Lorsque vous donnez une instruction à un passager en situation normale, il doit comprendre.
En situation d’urgence, il doit comprendre immédiatement.
4. DEUXIÈME FAILLE : OÙ SONT LES CONGOLAIS DANS LA CHAÎNE DE COMPÉTENCES ?
C’est ici que mon regard de stratège RH devient beaucoup plus exigeant.
Je comprends parfaitement qu’au lancement d’une compagnie, nous puissions avoir besoin de :
pilotes expérimentés étrangers,
instructeurs étrangers,
personnel navigant expérimenté,
techniciens,
systèmes commerciaux,
procédures et expertise extérieure.
Mais un partenariat intelligent doit fonctionner comme ceci :
IMPORTATION DE L’EXPERTISE → FORMATION → TRANSFERT → AUTONOMIE.
Pas :
IMPORTATION → IMPORTATION → IMPORTATION → DÉPENDANCE.
Pour chaque spécialiste étranger mobilisé aujourd’hui, il devrait normalement exister un ou plusieurs Congolais en processus de transfert de compétences.
Voilà ce que j’aimerais voir.
5. AIR CONGO DOIT DEVENIR UNE ÉCOLE DE COMPÉTENCES AÉRONAUTIQUES CONGOLAISES.
Il faut construire maintenant un véritable plan RH sur 3 à 5 ans.
Avec des objectifs chiffrés.
Combien de pilotes congolais formés ?
Combien d’hôtesses et stewards ?
Combien de techniciens de maintenance ?
Combien de spécialistes Safety ?
Combien de dispatchers ?
Combien de managers ?
Combien de cadres formés au Revenue Management, aux opérations, au digital, à l’expérience client et à la gestion aéroportuaire ?
Parce que le succès d’Air Congo ne devrait pas uniquement être mesuré au nombre d’avions en circulation.
Il devrait également être mesuré au nombre de compétences congolaises créées chaque année.
Et c’est là que je pense que nous ne sommes pas encore à la hauteur des attentes.
Je voyage régulièrement avec Air Congo aujourd’hui et je continuerai probablement à l’utiliser.
Je vois les progrès.
Je vois le potentiel.
Mais je vois aussi une immense opportunité RH que nous risquons de manquer.
Air Congo ne doit pas seulement transporter les Congolais.
Elle doit aussi former les Congolais, employer les Congolais et préparer les Congolais à gérer eux-mêmes leur aviation.
L’avion peut être loué.
L’expertise peut être importée temporairement.
Mais la compétence nationale doit être construite.
C’est cela, pour moi, le véritable enjeu.
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Merci beaucoup pour le message