24/09/2025
Que le travail paie et stop à la fraude !
Nous, représentants élus des artisans des services, tenons solennellement à exprimer notre exaspération vis-à-vis de la double injustice dont est victime notre travail aujourd'hui.
Parce que nous sommes des professionnels qui respectent la règle de droit, parce que nous payons civiquement nos impôts et nos charges, parce que nous sommes attachés à l'ordre et à l'équité qui sont des conditions du développement économique national, ce sont toujours nos métiers et nos artisans qu'on accable de normes, de procédures et de charges supplémentaires !
Encore 800 millions de charges sociales sur les artisans en 2025 : ça suffit !
La coupe est pleine et nous sommes prêts à nous mobiliser comme jamais dans notre histoire pour faire cesser cette injustice sociale et cette absurdité économique.
Nous ne redresserons notre pays qu'en libérant et en récompensant le travail, qu'en baissant les charges sur le travail et les travailleurs, qu'en débarrassant nos métiers de normes hors sol et de règles stupides.
Le poids des charges et des réglementations est d'autant plus insupportable qu'il se double d'un laxisme coupable de l'Etat et des administrations dans le contrôle de la fraude. Partout, la fraude prospère, instaure une concurrence déloyale, désespère les honnêtes artisans. Que faut-il pour que les administrations fassent respecter l'Etat de droit ? Des affrontements ? Des suicides ? Des territoires entiers désertés par les artisans consciencieux ? Le droit est fait pour limiter le recours à la violence, mais que devons-nous faire quand le droit n'est plus respecté et que l'action des autorités pour le faire respecter est inexistante ?
Que peut un artisan de métiers de service et de fabrication quand s'installe un coiffeur, un institut de beauté, un garagiste, un toiletteur canin ou un fleuriste dans sa rue ou son village, sans respect des préalables à l'installation (diplômes, années d'expérience) des normes d'hygiène et de sécurité, sans déclarer la totalité de ses revenus et que l'administration ne fait rien ? Que faire quand l'ubérisation s'installe, remettant en cause le salariat comme norme et instaurant une précarisation des indépendants « ubérisés » ?
Que peuvent faire les prothésistes dentaires quand des mutuelles contractualisent avec des laboratoires chinois pour importer des prothèses à bas coût et les mettre dans la bouche des patients sans leur dire ?
Nous le disons solennellement : la coupe est pleine, et nous ne nous laisserons plus faire, allant vers des formes d'action inédite si rien ne change.
Nous, artisans des métiers de services, nous croyons au travail, nous aimons notre travail et nous lui consacrons souvent plus de 50 ou 60 heures par semaine, y compris le week-end s'il le faut pour nos clients, les Français !
Nous participons au premier chef aux forces vives et productives de la nation, nous voulons travailler, nous n'avons pas peur de beaucoup travailler, mais nous voulons avoir la juste rétribution de notre travail et travailler dans un environnement juste et équitable.