06/02/2026
COMMUNIQUÉ – Syndicat Arc Atlantique Taxis 32
Assez de mépris, assez de désinformation
Mme Estelle Denis,
Vos propos traduisent une nouvelle fois une méconnaissance totale de la réalité du terrain et une facilité inquiétante à désigner des boucs émissaires plutôt qu’à traiter les vrais problèmes.
Oui, il a pu exister des abus dans le transport sanitaire.
Comme chez les médecins.
Comme dans les hôpitaux.
Comme dans l’administration.
Comme dans toutes les composantes du système de santé.
Mais ce que vous faites, ce n’est pas de l’information : c’est du dénigrement.
Les taxis ne prescrivent pas les transports médicaux.
Les taxis n’inventent pas les trajets.
Les taxis n’imposent pas les distances.
👉 Les prescriptions relèvent exclusivement des médecins, en fonction de l’état réel des patients.
👉 Les dysfonctionnements relèvent d’une organisation de soins à bout de souffle, pas des chauffeurs.
Nous alertons pourtant depuis des années sur des aberrations connues de tous :
un même patient transporté plusieurs fois par semaine, parfois par différents véhicules, sans mutualisation, sans coordination, sans logique.
Ce chaos n’est pas créé par les taxis, il est subi.
Contrairement à vos affirmations de plateau télé, le nombre de patients explose, les hôpitaux ferment des services, les soins sont centralisés, les distances s’allongent, les moyens disparaissent.
Et quand tout s’écroule, il faudrait encore pointer du doigt ceux qui assurent la continuité ?
Plutôt que de salir une profession entière, posez-vous les vraies questions :
👉 où passe l’argent d’un pays parmi les plus taxés au monde, pendant que les services publics s’effondrent et que les citoyens trinquent ?
👉 et quand parlera-t-on enfin des près de 6 millions de cartes Vitale “fantômes”, toujours actives, jamais supprimées, et dont le coût pour la collectivité se chiffre en milliards ?
Sur ces sujets-là, le silence médiatique est assourdissant.
Mais il est toujours plus simple d’attaquer des travailleurs contrôlés, identifiés et réglementés que de s’attaquer aux vrais trous noirs financiers du système.
Votre discours simpliste évite soigneusement les responsabilités politiques, administratives et structurelles.
C’est plus facile d’attaquer des travailleurs que d’analyser un système malade.
En relayant ce type de discours, vous cautionnez un modèle qui cherche à ubériser la société, à précariser les métiers, à affaiblir les professions réglementées et à transformer le service public en marché low-cost.
Ce choix idéologique se fait toujours au détriment des citoyens et des travailleurs.
Puisque ces attaques se parent du vernis du journalisme, le professionnalisme de certains médias doit être sincèrement remis en cause.
Informer ne consiste pas à caricaturer ni à faire de l’audience sur le dos de professions essentielles.
Informer exige du terrain, des faits, de la rigueur et de l’honnêteté intellectuelle.
À ce rythme, on peut légitimement se demander si, demain, l’intelligence artificielle ne produira pas moins de contre vérités que certains éditorialistes censés éclairer le débat public.
Avant de donner des leçons, faites votre travail : enquêtez, vérifiez, allez sur le terrain, parlez aux professionnels au lieu de les mépriser.
Nous faisons le nôtre, chaque jour, au contact de la maladie, de la dépendance et de la détresse humaine.
Nous ne nous justifierons plus face à des accusations infondées.
Nous ne nous tairons plus face au mépris médiatique.
Le Syndicat Arc Atlantique Taxis 32 défendra la profession de taxi avec fermeté, dignité et détermination, face à toutes les tentatives de manipulation de l’opinion.
Le Bureau
Arc Atlantique Taxis 32