17/05/2025
TRIBUNE
Par Arc Atlantique Taxis-32, syndicat professionnel des Taxis
Depuis quelques jours, bizarrement avant une mobilisation nationale des taxis, nous assistons à un déferlement médiatique aussi mal informé que méprisant, visant à faire croire que le transport en taxi conventionné serait une gabegie, un luxe, voire un abus du système.
Nous répondons aujourd’hui fermement : ces accusations sont indignes.
Nous en avons assez de voir notre métier dénigré par des voix qui ne connaissent ni notre quotidien, ni celui des malades que nous accompagnons. Les éditorialistes qui se permettent de juger depuis leurs studios parisiens feraient bien de passer une journée dans nos véhicules, au contact de la réalité. Ils verraient alors que notre mission n’a rien de confortable.
Notre travail, c’est de faire le lien entre les patients et les soins. Et parfois, ce lien est le dernier qui reste.
Chaque jour, nous transportons des personnes âgées, en chimiothérapie, en dialyse, en soins post-opératoires. Des patients souvent isolés, sans véhicule, parfois sans famille. Dans nombre de départements, nous sommes les seuls à répondre présents, là où les grosses structures refusent les trajets "non rentables".
Et pendant que les services de santé se centralisent, pendant que les maternités, hôpitaux et centres spécialisés ferment les uns après les autres, les trajets s’allongent. Ce n’est pas nous qui le décidons : c’est la politique de santé actuelle qui nous l’impose.
En 2024, plus de 6 millions de Français vivent dans des déserts médicaux. Faut-il leur dire d’arrêter de tomber malades ? De marcher 50 kilomètres pour aller à l’hôpital ?
Le transport conventionné, c’est un outil d’égalité. Pas un privilège.
Nous ne faisons pas de “transport de confort”. Nous ne faisons pas de tourisme médical. Nous assurons, avec rigueur et dévouement, un service de santé publique.
Nos tarifs sont encadrés par l’Assurance Maladie. Nos trajets sont prescrits par des médecins. Nos obligations sont strictes. Et pourtant, malgré la hausse des charges, l’inflation, les contraintes administratives croissantes, nous continuons. Par sens du devoir. Par respect pour les patients.
Ce que certains appellent un “coût”, nous l’appelons un droit fondamental : celui de se soigner, où que l’on vive.
Oui, nous nous mobilisons. Et nous avons raison.
La convention 2025-2029 va redéfinir les conditions d’exercice de notre profession. Nous refusons qu’elle se fasse sans nous, contre nous, et surtout contre les malades.
Notre mobilisation n’est ni excessive, ni corporatiste. Elle est légitime. Parce que nous refusons que les économies budgétaires se fassent au prix de la santé des plus fragiles. Parce que nous refusons d’être les variables d’ajustement d’un système à bout de souffle.
Nous ne sommes pas une ligne comptable. Nous sommes une ligne de vie.
Messieurs les décideurs, Mesdames et Messieurs les journalistes : respectez notre métier. Respectez nos patients. Et surtout, respectez les réalités de terrain avant de juger.
Nous ne demandons pas la reconnaissance. Nous exigeons le respect.
Le Bureau
Arc Atlantique Taxis 32