17/06/2026
Cri de détresse des artisans taxis à l’attention du Président de la République et de tous ceux qui se soucient du bien-être des Français
Monsieur le Président,
Nous, artisans taxis, exerçons l’un des plus anciens métiers de service de France. Aujourd’hui, nous lançons un véritable cri d’alarme : nous sommes en train de disparaître.
Depuis des années, nous subissons des politiques qui fragilisent notre profession. Nous travaillons 7 jours sur 7, souvent de 5 heures du matin à 20 heures, parfois davantage. Pourtant, nous n’arrivons plus à vivre dignement de notre travail.
Chaque jour, nous travaillons avant tout pour payer nos charges : TVA, impôts, cotisations, crédit de licence, crédit du véhicule, carburant, assurances et autres frais professionnels. À la fin du mois, il ne reste presque rien.
Nous ne voyons plus nos enfants grandir. Nous passons notre vie derrière un volant pour tenter de maintenir nos entreprises à flot. Nous n’avons pas droit aux mêmes protections que beaucoup d’autres travailleurs : pas de chômage, une couverture souvent insuffisante en cas de maladie ou d’accident, mais toujours plus de charges à payer.
Les conséquences sont dramatiques. Les burn-out se multiplient. Nos collègues enchaînent les crises cardiaques, les AVC et les problèmes de santé liés à l’épuisement.
Nous subissons également une concurrence que nous jugeons déloyale. Des plateformes et des chauffeurs VTC exercent une activité très proche de la nôtre sans avoir eu à supporter les mêmes investissements ni les mêmes contraintes réglementaires. Beaucoup d’entre nous se sont endettés sur de longues années pour acquérir leur outil de travail.
Pendant la crise du Covid, lorsque la France était à l’arrêt, nous étions sur le terrain. Nous avons transporté des malades, parfois au risque de notre propre santé et de celle de nos proches. Nous avons répondu présents lorsque le pays avait besoin de nous.
Aujourd’hui, même le transport sanitaire, qui constituait souvent notre dernier équilibre économique, nous échappe progressivement. Après nous avoir sollicités pendant des années, la CPAM réduit notre place et remet en cause l’avenir de nombreuses entreprises artisanales.
Alors nous posons une question simple : où est la reconnaissance ?
Nous ne demandons pas la lune. Nous demandons simplement le respect de notre métier, une rémunération juste pour notre travail, des règles équitables pour tous et la fin de cet acharnement qui met en péril des milliers de familles.
Il est encore temps d’agir. Demain, il sera peut-être trop t**d.
Les artisans taxis